Le Journal de Québec - 07/12/2008
Le gérant du Zellers des Galeries de la Capitale, Gaëtan Verrette, sent qu’il s’est fait « jouer » par des représentants de l’Église de la scientologie qui n’ont pas dévoilé leur identité pour obtenir un stand dans son magasin, hier, provoquant le mécontentement de certains clients.
M. Verrette a affirmé qu’un représentant de l’Église l’avait contacté, la semaine dernière, pour louer un stand dans son établissement, mais qu’il n’avait pas dévoilé son appartenance à la scientologie, approche que le gérant a qualifiée de « malhonnête ».
« Un homme m’a joint et m’a dit qu’il faisait des tests de stress et ce genre de choses, a-t-il affirmé. Cette personne est venue il y a une semaine me demander si on louait des espaces et on en a loué pour différentes activités. Mais je n’aime pas ça me faire jouer de cette manière-là. »
Le stand, qui se présentait sous le nom de Centre de dianétique Hubbard hier, faisait la promotion de la dianétique, méthode présentée comme étant une alternative à la psychiatrie et au règlement de problèmes de santé mentale par la prise de médicaments. Les participants étaient invités à faire un « test de stress » au cours duquel les deux préposés posaient des questions sur leur situation de travail, familiale et autres. Un appareil, selon les deux représentants, « lisait » ensuite leurs réactions aux questions. Ces derniers sont cependant restés vagues quant à son fonctionnement.
Le stand faisait aussi la promotion de livres et de DVD du père de la scientologie, L. Ron Hubbard, mais les représentants ont toutefois refusé d’en préciser le contenu. « Tu achètes le livre. Tu le lis. Si ça fonctionne pour toi, tu le fais. Sinon, tu ne le fais pas », a affirmé Didier au Journal, l’un des deux représentants. Il a refusé de préciser comment il avait obtenu son stand. « Ce n’est pas de vos affaires. Je connais déjà votre article. Je n’ai pas à répondre à vos questions. »
Dehors
La présence de membres de l’Église de scientologie a dérangé des clients du Zellers. « J’ai deux ou trois clients qui ont manifesté leur mécontentement. Pour moi, c’est assez pour ne pas avoir ces gens, a confirmé M. Verrette. Ils m’ont dit qu’ils ne trouvaient pas ça correct qu’on ait ces choses-là.» En réponse, le gérant a décidé de ne pas laisser les scientologues tenir leur stand jusqu’à la fin de leur contrat. « C’est une petite erreur ou accroc, mais ils ne seront pas ici demain. Je ne veux pas faire d’histoire. J’ai juste dit aux messieurs que j’ai des clients qui ont manifesté leur mécontentement. On ne savait pas le fond de l’histoire. Maintenant, on le sait. C’est dommage, ils avaient pris pour deux jours et ils ne seront pas ici demain (aujourd’hui). » Le gérant a soutenu que sa décision a été prise « par respect » pour sa clientèle. « Je pense que deux ou trois plaintes, c’est assez. Les gens sont libres, mais je n’ai pas d’attache à ces choses. Si ça ne plaît pas à nos clients, on va les ôter de là et c’est tout. »
Les deux hommes présents ont soutenu qu’ils ne faisaient pas la promotion de la scientologie. Le numéro de téléphone qu’ils ont donné pour parler à leur relationniste était cependant celui des bureaux de l’Église de la scientologie à Québec. Leur porte-parole n’a pas retourné les appels du Journal. (Marc-André Séguin)

