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Lorsque l'édifice s'écroule Sur l'assimilation et l'accommodation
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Bien entendu, certains le font. Ils choisissent de partir d'eux même ou ils choisissent de se laisser expulser. Certains autres encore, deviennent de moins en moins actifs et "suintent", jusqu'à ce qu'ils ne soient plus connus comme étants Témoins de Jéhovah. De cette manière ils peuvent faire un peu ce qu'ils veulent. Mais ce n'est que quelques uns qui choisissent cette méthode. Pourquoi en fin de compte? Pourquoi est-ce que les gens continuent à se cramponner à quelque chose qu'ils peuvent voir est un mensonge? Pourquoi continuer à être Témoin de Jéhovah lorsqu'on voit que certaine doctrines supposées "fermes comme roc", comme par exemple la compréhension de 1914 ou le point de vue sur le service militaire, à changé de manière aussi outrée? La Watch Tower divise ses membres en adhérents de première et de seconde classe: 144.000 vont régner au ciel avec Jésus: C'est le petit troupeau, les "Oints", qui sont les seuls à pouvoir participer à l'eucharistie lors du mémorial (ce qui correspond à notre Pâque). Le reste des membres vont vivre éternellement en nageant dans la joie ici, sur la terre. Auparavant, seuls les "Oints", les membres de la petite foule, pouvaient être membres du Collège Central (l'organe dirigeant de la Watch Tower à Brooklyn). Ceci a changé. Comment peut on changer ce genre de chose sans une chute non négligeable du nombre des membres? Si on pose la question à un "exclus", la réponse que l'on reçoit n'est pas toujours claire. Ça n'est pas parce qu'ils ne savent pas pourquoi, mais tout simplement car la plupart manquent de mots. Souvent, on a remarqué des petites choses. Et malgré ça, on a rien fait. On l'a ignoré, ou on a porté le blâme… Ou encore on s'est dit qu'on s'est sûrement trompé. Ou bien la seule pensée des conséquences possibles est si embrouillée qu'on a pas osé faire le pas. Ceci jusqu’au jour où c’est devenu trop. Un bastion est tombé , une doctrine importante (du point de vue personnel), un principe, une compréhension a été violée. Et des fois, ça veut dire qu’on fait le pas vers l'inconnu. Mais pourquoi est-ce que les autres continuent à fermer les yeux ? Quel principe entre en vigueur ? Il doit s’agir d’un principe basal vu qu’autant de personne le suive ? Et dans ce cas… Quel est il ? Des principes de base C’est exact, ce principe est très basal , et est d'ailleurs utilisé dans plusieurs relations interpersonnelles dont les nouvelles religions et les sectes font partie. C’est le même principe qui se fait valoir chez certains couples. Chez les couples où on continue a se cramponner à une relation qui est sans espoir, coûte que coûte, pour comprendre, une fois le temps passé, qu’on s’est accroché à une rêve… Ou à un cauchemar… C’est également ce principe qui entre en fonction lorsque les gens ont certains préjugés sans pouvoir les fonder. C’est ce même principe qui entre en jeu lorsqu’on se tient à un mensonge plutôt qu'à la vérité, même lorsque le mensonge a perdu sa parure. Même lorsque la vérité ou le rejet du mensonge apparaît de plus en plus logique et vrai, pourquoi se tient on donc à un mensonge qui à l’air de plus en plus aride, ennuyeux et fragile avec le temps ? Ça correspond à ce qu’on achète une maison. Assez jolie en fait, mais pas très solide ou durable. Bien entendu, après un but de temps il y a des choses qui s’écroulent. On fait des réparations, et dû au fait ou on a pas suffisamment d’argent, on emprunte à la banque. Avant qu’on aie le temps de rembourser le prêt, d’autre choses s’écroulent. On emprunte plus… D’autres choses s’écroulent encore… On emprunte plus jusqu’au jour ou on se trouve attaché à cette maison… Le résultat est qu’on ne peut plus en sortir, on ne peut plus déménager. C’est ce qu’on appelle les principes d'accommodation et d’assimilation. Il nous faut maintenant expliquer des principes de base. Que l’on soit athéiste ou croyant, on est arrivé à reconnaître que l’homme est diffèrent des autres animaux. Ceci, pour plusieurs raisons : D’abord, car nous avons une intelligence, nous percevons les choses, et nous les réutilisons des fois dans des contextes tout autres. De plus, nous évoluons ; nous changeons ; nous apprenons de nouvelles choses. Non seulement de génération en génération, mais dans le courant de notre vie. Nous percevons certaines choses, nous en tirons une expérience et nous les réutilisons. Nous changeons. Cet faculté est exactement ce qui nous différencie des autres animaux : Nous apprenons et nous changeons. Je ne suis pas le même aujourd’hui que je l’étais hier, à la même heure. J’ai appris quelque chose, j’ai changé. J’ai changé de manière positive ou de manière négative, en bon ou en mal, mais de toute manière, je ne suis pas le même. Les expériences que j’ai fait ne se sont pas contentés de m’apprendre un nouveau comportement, comme un rat, par exemple. Mais je vais les utiliser dans d’autres situations de la vie également. Je ne vais pas seulement utiliser cette expérience dans ce genre de situation, mais également dans des situation semblables. Et de là, la créativité humaine ! L’homme évolue de sa propre manière qui est tout à fait différente de la manière par laquelle les autres animaux évoluent. Ils évoluent jusqu’au point où ils stagnent. Comme humain, je suis également en possession d’une qualité spéciale : J’aimerai essayer d’absorber et de contrôler le monde. J’ai également des souhaits et une force de caractère. Dès ma plus tendre enfance, j’essaye de contrôler ma part du monde de manière à obtenir ce que je veux. C’est pour cette raison que je suis pour ainsi dire obligé d ‘ "absorber" le monde : C’est à dire de le percevoir, de le manipuler, d’y trouver ma place, de manière à comprendre mes possibilités aussi vite que possible. Pour cette raison, je vais essayer de comprendre les règles qui régissent le monde. De cette manière, il me sera plus facile de les contrôler, et de là, à contrôler le monde (ou tout du moins les parties que je pourrais contrôler). Le plus rapidement que je puisse apprendre les règles, le plus rapidement je pourrais contrôler ces règles à mes fins. Cette évolution est généralement lente. Je ne suis pas le même aujourd’hui à dix-huit heures que j’étais hier à dix-huit heures, mais la différence est généralement minimale ; à moins que je fusse exposé à un traumatisme quelconque, bien entendu ! Mais si on réfléchit bien. Si on se voit il y a six mois, oui… On a beaucoup changé. Certains points de vue et opinions ne sont plus les mêmes. Certaines choses qu’on imaginait jamais qu’on allait dire ou penser, il y a six mois, on les dit ou on les pense aujourd’hui ! Bien sûr, cette évolution va beaucoup plus vite lorsque nous sommes enfants, car nous avons beaucoup plus de choses à apprendre. Ceux qui sont casés et les autres Il me faut donc systématiser le monde, de manière à pouvoir y évoluer. Et ça veut donc dire que je vais assez rapidement me faire une image de certaines choses dans ma tête… Une « case », dans laquelle je vais pouvoir mettre différentes choses, que je puisse systématiser plus facilement, de manière à pouvoir exploiter tout ça. Il y a maintenant deux problèmes… Le premier est que je conçois généralement ces cases à partir de mes propres expériences ou à partir de dires de certaines autorités, et ces expériences ne sont pas toujours en harmonie avec la réalité. Le deuxième problème est que si je suis peu sûr de moi, j’aurai une tendance à me dépêcher de mettre les choses dans les cases respectives. Parce que si elles sont catégorisés vite, je me sentirais vite à l'abris. N’oublions pas que je ne suis pas tout à fait sûr de ma place dans la réalité. Si je mets différentes choses en cases, la réalité est moins effrayante. Donc je me compose une image de certaines choses dans ma tête. J’ai mon image, et tout va bien. Jusqu’au moment ou il se passe quelque chose dans le monde extérieur qui n’est pas en harmonie avec l'image que j'ai dans la tête ! Que faire ? J’ai donc deux possibilités : Je peux ou me dire que l’image dans ma tête est fausse, et la changer, ou je peux me dire que le monde de l’extérieur est faux, et enfoncer à coups de marteau le monde dans mon image. Si je change mon image de manière à ce qu’elle corresponde au monde extérieur, je fais une accommodation, une adaptation. Si je force le monde dans mon image du monde, je fais une assimilation. Moins je suis sûr de moi, moins je suis sûr de mes possibilités, plus facilement je mettrais les choses en cases (je serai facilement effrayé). Et plus de choses j’aurais enfoncé dans cette case, plus il me sera difficile de changer ça. Souvenez-vous que si, au départ, j’avais forcé quelque chose dans cette case, c’est dû au fait que je ne suis pas sûr de moi. Je ne vais donc pas tirer d’expérience de cette situation. Je ne deviendrais pas plus sûr de moi, je n’apprendrais pas à manier la situation, et la prochaine fois qu’une même situation ou qu’une situation lui ressemblant arrive, je serais donc obligé de jeter ça dans la même case… Il me manque de l’expérience, tout simplement. Et plus le temps passe, plus je fais ça, et le plus difficile il m’est de démonter ou changer cette case. Imaginez-vous : Je n'osais pas y toucher lorsque elle était vide… Il ne m’est pas plus aisé de la changer maintenant qu’elle est pleine ! J’ai maintenant bâtit cinq, six, dix ans de ma vie dessus… Tout d’un coup, il me faut prendre position sur beaucoup de choses ! Quand l'édifice s'écroule... Alors j’attend… J'attend le jour ou la case explose, ou le jour ou quelque chose ne peut pas entrer et dans ce cas une bonne partie (ou tout) mon monde s’écroule. Les dommages sont grands, car en plus de cette erreur de base, je peux en plus être blâmé de beaucoup de choses… Ces dernières dix années d’erreurs que j’ai commis… Je savais bien à l'intérieur, qu’elles étaient erronées, mais j’ai ignoré les signaux. Cette combinaison peut pousser les gens dans des situations extrêmes comme le suicide ou bien il se feront adopter dans d’autres mouvements religieux. C’est à dire une autre secte, un autre endroit avec des cases… Des cases un peu plus grandes qui elles aussi, tôt ou tard, sauteront. C’est généralement ce qu’on voit souvent chez un membre d’une secte : Un tendance à mettre les chose dans des cadres bien définis. Mais quelle que soit la taille de la case, il s'agit toujours d’une case, et aussi longtemps qu’elles sera là, le problème y sera aussi. Seulement au travers de la connaissance de soi, de la compréhension, de l’acceptation de soi-même et des autres, et que l’on est pas toujours sans fautes. Seulement au travers de la connaissance que nous ne pouvons pas toujours tout diriger . Qu'il y a des choses que nous pouvons changer, et d’autres auxquelles il nous faut nous résigner (et non les fuir !) nous pourrons diriger ce petit morceau de la réalité que nous avons reçu en partage. Lorsqu’on ne peut plus réparer la maison, il vaut mieux admettre qu’on a fait une erreur et déménager le plus vite possible, en possession de l’expérience nécessaire. On a maintenant plus d’expérience pour l’achat d’une maison, plutôt que d’essayer de réparer un rêve. © 1998 - Cyril Malka (Article présenté à la conférence nordique de la problématique des sectes - Août 1998) |